Le langage façonne chaque aspect du droit pénal - du témoignage au consentement, des erreurs de traduction à l'interprétation juridique. Je me concentre sur la jurilinguistique en droit pénal, en examinant comment la nuance linguistique peut déterminer les résultats judiciaires.
Sur le plan du droit pénal, mon mémoire de master portait sur la répression des phases antérieures à la commission de l'infraction, à savoir l'entente, la préparation et la tentative, dans une analyse comparative du droit néerlandais et allemand. Mes recherches actuelles (dans le cadre de ma licence en langue et culture françaises) prennent un angle différent : comment les versions française, allemande et italienne de l'article 190 du Code pénal suisse construisent linguistiquement la notion de consentement. La même loi, trois langues, trois constructions d'une même réalité juridique.
Et pourtant, le langage juridique est rarement examiné avec le même regard critique que le raisonnement juridique. Un témoignage mal traduit, un terme législatif ambigu, une disposition sur le consentement qui se lit différemment en français qu'en allemand - ce ne sont pas des préoccupations marginales. C'est la différence entre la justice et son absence.
Cette approche comparative est essentielle parce que le langage juridique n'est jamais purement descriptif. Il construit la réalité, attribue la responsabilité, et détermine qui est entendu - et qui ne l'est pas.